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Comme un métal brûlant au sortir de la forge
Tu t’échappes, FADO, et du fond de la gorge
C’est tout le Portugal, c’est toute sa chaleur
Qui s’exprime soudain pour chanter le malheur ;
C’est la mélancolie, la plainte d’une femme
D’un amour contrarié qui vient du fond de l’âme
La révolte parfois face au destin moqueur
La tristesse, l’espoir, la rage ou la douceur …
C’est le passé vivant à travers les nuages
Un rayon de soleil au milieu de l’orage
Une terre brûlée, l’ombre d’un souvenir
C’est une fleur flétrie qui ne veut pas mourir
Un soupir étouffé, un accord de guitare
Un navire grinçant, qui largue ses amarres
Un marin naufragé au fond des profondeurs
Une mère au foyer et des enfants en pleurs
Amália Rodrigues, Toi, l’idole sans âge,
Depuis le Panthéon, Tu vois couler le Tage
Tu sais que tout s’en va, et les jours de bonheur
Sont comme tes chansons qui bouleversent les cœurs
L’étincelle de feu va bientôt disparaître
Mais un autre FADO, caché au fond de l’Etre
Surgira de la nuit pour chercher le bonheur
Et mourra à son tour dans un cri de douleur.
Lisboa 20.09.2010
Jean J.
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